Youcef Ben Brahim est né dans la tribu des Yousfi, qui vivent sur le haut plateau des Hassasna, dans la région de Saïda, située dans l’ouest de l’Algérie.
A partir de 1954, lorsque la guerre éclate, il va effectuer pour le compte de la rébellion des livraisons d’armes, de munitions, de médicaments et de fonds, en provenance du Maroc, pour les besoins de divers maquis qui se sont créés sur le territoire algérien.
Mais en 1958, n’étant plus d’accord avec les dirigeants du F.L.N. du Maroc, il décide de cesser cette activité. Cette attitude lui vaut d’être dénoncé, arrêté par l’armée française, et interné au Centre de Transit de Saïda.
C’est à la même époque que le capitaine Georges Grillot cherche à recruter des rebelles prisonniers ou ralliés, afin de constituer un commando de chasse qui va prendre le nom de « Commando Georges », avec pour devise, « Chasser la misère ».
Youcef Ben Brahim accepte d’en faire partie et de mettre au service de l’armée française son expérience et sa connaissance des structures rebelles. Dès lors, sa fidélité envers la France sera sans faille. Il va former avec le capitaine Grillot un binôme d’une efficacité sans pareille pour diriger cette unité spéciale anti-guérilla qui va compter dans ses rangs plus de deux cent combattants volontaires, organisés en plusieurs katiba, elles-mêmes articulées en sticks d’une dizaine d’hommes puissamment armés.
Youcef Ben Brahim va se révéler un chef plein d’énergie, et un combattant très redouté de l’organisation rebelle, à laquelle il va infliger des pertes considérables, obtenant des résultats qualifiés de « sensationnels » par le colonel Bigeard.
En 1962, lorsque sonne l’heure de l’indépendance de l’Algérie, Youcef Ben Brahim décide de quitter sa terre natale et de rejoindre la France. Il sera accueilli dans le Luberon et se consacrera à l’accueil et à l’assistance de ceux de ses frères d’armes qui, comme lui, ont été en mesure ou ont fait le choix de quitter l’Algérie, lorsqu’il en était encore temps.
Au cours de l’épopée du Commando Georges, Youcef Ben Brahim a gagné ses galons de sous-lieutenant. Il est chevalier de la Légion d’honneur, médaillé militaire, et titulaire de la croix de la valeur militaire avec huit citations, dont trois à l’ordre de l’Armée.
Bibliographie : Commando Georges, du général Robert Gaget, paru aux éditions Trésor du Patrimoine.