La guerre est une barbarie quand on attaque
un voisin paisible ;
c'est un devoir sacré
quand on défend la patrie.
Guy de Maupassant
Une patrie se compose des morts qui l'ont fondée aussi bien que des vivants
qui la continuent.
Joseph Ernest Renan .
Braves devant l'ennemi, lâches devant la guerre, c'est la devise des vrais généraux. La Guerre de Troie
n’aura pas lieu
Les
grandes batailles
Major battles
Jules César
BIOGRAPHIE
4ème PARTIE : Les Ides de mars
Puis César s’embarque avec les vétérans de la VIème légion, vers Rome où la révolte gronde malgré la présence du maître des cavaleries Marc-Antoine ; il n’a pas voulu rester pour connaître le fils que va lui donner Cléopâtre. Le 23 Juin 47, elle donne le jour à un garçon qu’elle nomme Césarion. Elle décide de rejoindre son amant à Rome, et touche terre à Ostie, à deux heures de route de Rome. Marc-Antoine délégué par César, vient l’accueillir au milieu d’une foule curieuse et admirative. Il n’est pas là par plaisir, car il n’aime pas cette reine qui leur a ravi l’affection de leur maître bien aimé. Marc-Antoine expédie le discours de bienvenue, entouré des sénateurs froids et distants ; Cléopatre répond en latin et note qu’ils n’ont pas salué le bébé qui dort dans son berceau.
César l’accueille à Rome, descend de son trône et lui souhaite la bienvenue, puis lui présente son épouse, la hautaine Calpurnia. Les deux femmes échangent des propos secs : « Tu honores César dit la reine d’Egypte, et tes yeux ne sont pas faits pour préméditer des choses redoutables ; ils sont tout amour et fidélité ». Ce à quoi, Calpurnia répond : « on ne pourrait en dire autant tes tiens, car ils ont la beauté sinistre de l’enfer ». Sans marquer d’émotion, Cléopâtre fait amener Césarion qui porte un minuscule diadème, et le présente à César devant Calpurnia avec ces mots : Ton fils, César !! Calpurnia encaisse, et César, pour sauver les convenances ne prend pas l’enfant dans ses bras. Le soir même, les deux amants président une réception, dans les jardins transtibérins, sans Calpurnia évidemment. César promet le mariage à Cléopâtre, et pense à faire de Césarion le premier roi de la dynastie Julio-Lagide.
Puis c’est le triomphe de César, toutes ses victoires matérialisées par les énormes butins de guerre. Il s’avance, au pas de ses chevaux dans son char, précédé de soixante-douze licteurs, un centurion porte une pancarte où on peut lire « veni vidi vici », des prisonniers écrasés de chaînes, des tableaux immenses représentant ses victoires, quarante éléphants, Arsinoé enchaînée à une réplique du phare d’Alexandrie, Ganymède également, agenouillé sur un chariot, Vercingétorix n’entend rien, ébloui par la lumière après six ans de cachot, puis les légions qui satisfont à une coutume : « Hé les matrones romaines !! Cachez vos pucelles et vos gamins, nous vous ramenons le paillard chauve de Bithynie ! ». César monte les marches du Capitole, suivi de son affranchi qui lui répète tous les dix pas : « Respice post te, hominem te memento » (regarde derrière toi, souviens-toi que tu es un homme).
César part en Espagne détruire le reste de l’armée Pompéenne qui perd 30.000 hommes. Il est Impérator Perpetuus, et hésite à se proclamer roi car il sent que ce serait trop. Cléopâtre le pousse malgré tout dans cette voie. Le dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe a été chassé de la ville et égorgé à Gabiès. La tranquillité du couple est mise à rude épreuve par les scènes de ménage de Calpurnia et surtout par le fait que César nomme comme héritier Octave qu’il adopte et à qui il lègue les trois quart de ses richesses et rien pour Césarion.
Puis viennent les Ides de Mars (15 mars 44), une vingtaine de conjurés attendent César qui doit venir, escorté par son fils adoptif Brutus. Calpurnia avertit César qu’elle a eu un songe dans lequel elle le voyait couvert de sang. César ordonne un sacrifice. L’haruspice confirme les appréhensions de Calpurnia, et malgré les avis pressants d’Hirtius il se rend au Sénat. Selon la coutume, l’Impérator ne peut pénétrer dans le sénat sans connaître les résultats d’un sacrifice. Donc Spurinna sacrifie un poulet et dit à César « Méfie-toi des Ides de mars ». A la demande de César, on sacrifie un autre poulet. Spurinna l’examine et confirme « signe de mort ». Brutus est interloqué et ne sait plus quoi faire quand César demande un autre sacrifice, qui confirme tous les autres.
Entendant le brouhaha des sénateurs qui l’attendent, César passant outre les mauvais présages, entre. Tullius Cimber s’incline devant lui, et demande « César quand gracieras-tu mon frère ? ». César répond que ce n’est pas le jour des grâces – il en a assez des jérémiades des Pompéens -. Mon frère sera libre malgré toi, chuchote Cimber alors que Casca lui plante son poignard dans le dos. Seulement blessé César qui est muni de son stylet d’écriture, se retourne et blesse son agresseur. Cassius porte un coup de couteau au visage de haut en bas zébrant la joue, le sang aveugle César, tous s’acharnent (ils sont maintenant soixante) et César cherche du secours. C’est alors qu’il voit s’avancer vers lui Brutus, l’arme levée pour le coup fatal. Renonçant à vivre, César lui dit ces mots « tu quoque fili ! » (toi aussi mon fils) et se couvre le visage, puis s’effondre. Tous s’éparpillent dans la ville.
Tout se finit aux rostres. Le 20 mars 44, la litière d’ivoire de César portée par les plus hauts dignitaires avance lentement. L’Impérator est couvert d’un drap d’or, son visage montre l’affreuse blessure du premier coup de poignard (vingt-trois blessures sont décomptées). Cinq cents légionnaires suivent le catafalque, en frappant lentement leurs boucliers de leurs glaives. 200.000 personnes se retrouvent devant les rostres. Hirtius prononce l’éloge funèbre, et tous s’émerveillent qu’un homme ait pu tant faire en une seule vie. Puis César est placé sur le bûcher funéraire. Les légionnaires attristés jettent leurs armes dans le brasier.
Cléopâtre dont la vie est menacée, rentre en Egypte avec Césarion. Le 29 août 30, elle se suicide avec Iras et Charmion au moyen d’une morsure de cobra. Le 4 Septembre, sur l’ordre d’Octave, Césarion est étranglé.