La guerre est une barbarie quand on attaque
un voisin paisible ;
c'est un devoir sacré
quand on défend la patrie.
Guy de Maupassant
Une patrie se compose des morts qui l'ont fondée aussi bien que des vivants
qui la continuent.
Joseph Ernest Renan .
Braves devant l'ennemi, lâches devant la guerre, c'est la devise des vrais généraux. La Guerre de Troie
n’aura pas lieu
Les
grandes batailles
Major battles
Jules César
BIOGRAPHIE
1ère partie : Jeunesse et ascension politique
Caius Julius César voit le jour dans les années 100 ou 102. Il est le fils de Caius Julius César III et d’Aurélia Cotta, tous deux patriciens, mais ne faisant pas partie de la nobilitas (une cinquantaine de familles qui fournissent des consuls. Comme dans toute famille patricienne qui se respecte, il est bon de faire remonter son lignage aux dieux ; il semble que la branche des Julii soit apparentée à Iule, fils d’Enee et de Créuse qui venaient de Troie après sa chute.
Quoiqu’il en soit, la famille connaît des revers de fortune et notre jeune Jules est élevé dans le quartier de Suburre, qui est le quartier des tavernes, des charretiers, des prostituées et autres gens de mauvaise vie. Tacite, fervent admirateur de Jules César, note qu’Aurélia élève Jules et ses deux sœurs de manière exemplaire.
Jules César, un être raffiné épris d’art et de savoir-vivre…
Jules César reçoit l’enseignement de plusieurs pédagogues qui lui enseignent le latin, le grec et la poliorcétique (l’art de faire la guerre). Il reçoit donc une éducation qui va faire de lui un être raffiné, épris d’art, doté d’un savoir-vivre et d’une politesse parfaits. Ces qualités vont lui servir à faire ses premiers pas dans la vie publique à laquelle il est destiné. Son père décède un matin, vraisemblablement d’un infarctus, et Jules qui est âgé de quinze ans va grandir au milieu des convulsions d’un état qui assiste à l’émergence des factions conservatrices et populaires (optimates et populares). Jules grandit au milieu des échauffourées de la première guerre civile en 88, qui met aux prises les populares menés par Caius Marius, et les optimates menés par Sylla lequel, en 82, va régler le problème à sa manière, c'est-à-dire, dans le sang.
Il se trouve que Jules, de par ses relations de clientèle est dans la faction populares, car en effet sa tante Julia a été l’épouse de Marius. Il est lui-même marié avec Cornélie Cinna de parenté populares, mais il ne se joint pas aux Populares extrémistes. Il va se joindre par calcul aux modérés qui préfèrent composer avec Sylla qui commence à suivre d’un œil intéressé la progression de ce jeune homme doté de tant de qualités.
…devient grand prêtre de Jupiter
En 84, le poste de Flamen dialis (grand prêtre de Jupiter), est vacant, et Jules obtient cette charge qui notons le en passant, l’empêche d’entreprendre le Cursus honorum, et d’accéder ainsi à la carrière des armes. Sylla exige qu’il divorce, mais Jules refuse et se cache des foudres du dictateur jusqu’à ce qu’un de ses oncles intercède auprès de Sylla pour que cessent les poursuites. Toutefois il lui bloque sa nomination de flamine, les interdits qui en font partie, ainsi que la dot de sa femme.
En 80, jugeant que l’air de Rome devient dangereux pour lui, il s’enrôle dans l’armée et part en Asie sous les ordres du prêteur Marcus Minucius Thermus chargé de renforcer l’armée de Lucullus qui assiège Mytilène. Jules César, au cours de la prise de Mytilène mérite une couronne civique, il va servir aussi en Cilicie puis est démobilisé, avec une réputation (méritée ou non) d’homosexuel. Il reste en Asie jusqu’à la mort de Sylla en 79 et en rentrant dans sa patrie, il se fait enlever par les pirates qui écument la mer Egée. Ses geôliers demandent vingt talents de rançon. Jules déclare en valoir cinquante, mais il prévient les pirates qu’il reviendra s’occuper d’eux après sa libération ; ce qu’il ne manque pas de faire. Il séjourne à Rhodes pour parfaire son éloquence auprès du rhéteur Molon de Rhodes.
Tribun militaire romain portant une enseigne
Musée de l’Armée, Paris -
Photo RMN
Il rentre enfin à Rome et commence sa vie publique en assignant pour concussion le proconsul Dolabella qui rentre de Macédoine. Celui-ci parvient à échapper aux poursuites, grâce à ses relations. Jules César assigne alors Gaius A Hybrida qui s’en sort de justesse grâce à l’appui de la plèbe. S’étant fait connaître, il utilise ses richesses (provenant d’emprunts) pour cultiver des relations utiles dans le cursus honorum qu’il entame. Il accède d’abord au grade de tribun militaire, puis à celui de questeur en 69 en Espagne, et enfin d’édile en 65. Utilisant ses relations populares il fait rétablir le pouvoir des tribuns de la plèbe (suspendus par Sylla), et organise des jeux grandioses pour s’attirer la faveur du peuple. Il assigne aussi Catilina qui s’en sort aussi très facilement. Il va réitérer en intentant un procès en haute trahison – aidé en cela par son complice, qui le restera tout au long de sa vie – Titus Labiénus - contre le vieux Gaius Rabirius.
Cicéron plaidant devant César
Charles Meynier – Musée du Louvre, Paris
Photo michèle Bellot, RMN
Il s’agirait du meurtre d’un tribun de la plèbe nommé Saturninus, commis trente sept ans auparavant. Malgré une défense brillante de Cicéron, le vieux sénateur (du clan Sylla) est condamné par les juges, qui ne sont autres que Jules César lui-même et son cousin Sextus. Le malheureux fait appel, et l’affaire est enterrée. De nombreux historiens justifient cette manie de faire des procès, dans le seul but de plaire au peuple, car César a compris que compte tenu de ses origines politiques, seul le peuple pourra lui donner les moyens d’assouvir son désir de pouvoir.
Il va arrêter là ses procès à répétition, car quelques optimates parlent de lui faire un sort. Il se fait élire en 63 Pontifex Maximus, grâce à l’argent de Crassus qui lie son sort à celui de César, et dépense des sommes colossales pour se faire élire aux Comices tributes (assemblée du peuple par tribus, c'est-à-dire par découpage domiciliaire). Il écarte ses deux rivaux, Servilius Isauricus et Quintus Catulus, mieux placés que lui, en âge et en honneurs. César exercera sa fonction de Pontifex Maximus jusqu’à sa mort. Il se fait élire préteur urbain l’année suivante, s’oppose à l’exécution des complices de Catilina lors du procès de la conjuration, mais passant outre, la sentence est appliquée grâce à l’intervention de l’inévitable Caton.
Fulvie découvrant à Cicéron la conjuration de Catilina
Nicolas Monciau – Palais des Beaux Arts, Lille
Photo Philipp Bernard, RMN
Bien introduit dans les cercles politiques où son éloquence polie fait sensation, il est nommé propréteur en Espagne en 60. Toutefois, endetté comme il est, il doit donner de solides garanties à ses créanciers, sans doute aidé en cela par Crassus son pygmalion. En fait, cette nomination en Espagne a pu être provoquée par lui-même afin d’échapper à un procès, car il ne peut être fait de procès à un citoyen envoyé à l’étranger par la république. Son premier commandement est une réussite ; il met au pas quelques tribus ibères et brigue un triomphe et le consulat. Toutefois un problème se pose dans le temps, car s’il doit être hors de Rome pour les préparations du triomphe, il doit être présent pour soutenir sa candidature au consulat ; il choisit de renoncer au triomphe pour obtenir le consulat.
Jules César devient consul
Entretemps, Pompée rentre avec ses légions couvertes de gloire de leur campagne en Perse, qui a agrandi l’empire de la Syrie, de la Turquie et du nord de la Grèce. Il obtient sans discussion le triomphe en 61 et licencie ses troupes. Le sénat refuse d’accorder les avantages qu’il a promis à ses soldats et à certains potentats d’Orient, et le pousse dans les bras de César et de Crassus avec lesquels il va former un trio redoutable. César marie sa fille Julia avec Pompée, devenant ainsi son beau père et associé. Crassus dont la fortune semble inépuisable finance la campagne électorale de César, qui est élu consul en 59. Il évince facilement ses contradicteurs en faisant voter la loi agraire malgré l’opposition de Caton et de Bibulus. Cette situation permet à César de satisfaire les revendications des populares, marquer sa reconnaissance à Pompée et conquérir de nouveaux soutiens dans le monde des finances (détenues par les chevaliers). Il fait entériner l’organisation des provinces d’Orient, mise au point par Pompée et refusée par le sénat, malgré les hurlements de Caton et de Lucullus. Il donne des terres (dépendantes de l’ager publicus) aux légionnaires de Pompée, achète des terres à des particuliers et les distribue à quelques milliers de pauvres. Il fait de Capoue une colonie romaine. Il promulgue une loi qui permet de réprimer les abus des gouverneurs de province et place le sénat sous le contrôle du peuple ; il fait publier les comptes rendus de séance afin que nul n’en ignore.
Calpurnia et César
Selon Suétone, César profite des charmes des épouses de Crassus et de Pompée, mais épouse Calpurnia (qui restera sa femme malgré ses frasques multiples), pour des raisons politiques. Par le jeu des alliances avec l’un et l’autre, il parvient à faire prolonger son mandat de proconsul en Gaule pour cinq ans avec juridiction dans la Gaule cisalpine, la Gaule transalpine, l’Illyrie, avec en prime cinq légions. Il ne s’offusque pas des sarcasmes de certains sénateurs à son encontre, jouant sur son homosexualité supposée.