La guerre est une barbarie quand on attaque
un voisin paisible ;
c'est un devoir sacré
quand on défend la patrie.
Guy de Maupassant
Une patrie se compose des morts qui l'ont fondée aussi bien que des vivants
qui la continuent.
Joseph Ernest Renan .
Braves devant l'ennemi, lâches devant la guerre, c'est la devise des vrais généraux. La Guerre de Troie
n’aura pas lieu
Les
grandes batailles
Major battles
Mehmed II (1429 - 1481)
BIOGRAPHIE
Mehmed 2 Fatih
Mehmed II Fatih (le conquérant), naît vraisemblablement en 1429 des œuvres de Murad II et de Olivera (appelée également Mara), fille du despote de Serbie Stefan Lazarevic. Pourquoi pense-t-on à Olivera (que Murad à autorisée à garder sa religion orthodoxe), plutôt qu’à Huma Hatun (une Mongole), ou à Hatice Alime (une Turque), qui toutes trois faisaient partie du harem de Murad. Tout simplement parce que Mehmed parle couramment le grec et le latin. Sa culture des arts et de l’histoire dénote un enseignement occidental. Les deux autres épouses de Murad, musulmanes de naissance, sont analphabètes.
Dans le droit fil de son conquérant de père, Mehmed va très tôt faire preuve d’une science politique et militaire exceptionnelle. Les Turcs, tribus nomades du fin fond de l’Anatolie poussent leurs conquêtes vers l’ouest et les pays chrétiens. Il faut une capitale à l’empire qui est en train de naître. Constantinople est parfaitement placée, elle commande le point de passage de l’orient vers l’occident, elle est en pleine décadence, l’empire qu’elle commande est tellement rongé qu’il suffit d’une bonne poussée pour le mettre à bas. Mehmed règne en deux phases ; de 1444 à 1446 et de 1451 à 1481. C’est au cours de son deuxième règne qu’il passe des accords avec Venise et les Hongrois de Jean Hunyadi. Les mains libres, il prend Constantinople et dépeuple la ville par un massacre général.
Janissaire
Yatagan turc
Ce qui le caractérise, c’est d’avoir compris avant tout le monde, l’utilité de l’artillerie de siège, qui peut jeter à bas les plus fortes murailles. Il va faire bon accueil et ouvrir largement sa bourse aux fondeurs et autres savants (tous occidentaux) qui vont se presser à sa cour. Un dénommé Urban va fondre le canon le plus gros jamais construit. Le corps des janissaires a été renforcé, mais l’esprit de l’armée reste celui défini par Murad. L’organisation de cette armée évoluera très peu au cours des décennies jusqu’au massacre des janissaires qui étaient devenus un état dans l’état.
Constantinople prise et dépeuplée, le sultan va prendre des mesures pour la repeupler. Il accueille tous les corps de métiers sans distinction de religion, il fait élire un patriarche orthodoxe qui est responsable sur sa tête de ses ouailles. Il fait élire également pour faire bon poids un patriarche arménien qui a la même responsabilité. Chaque religion a son quartier et sa place dans l’empire. Tous sont les esclaves du Sultan, mais en fait jouissent d’une liberté plus grande que dans leurs états d’origines. Les règles fixant les devoirs des dhimmis (ils n’ont aucun droit) ne changeront guère jusqu’à la guerre de 1914-19*18. Les sultans successifs feront évoluer les lois pour les harmoniser avec les progrès politique, financier, technique et technologique de l’empire. Il lance en 1462 la construction du palais de Topkapi.
Palais de Topkapi
En 1460 il annexe la Morée en chassant un des frères du défunt Constantin et en achetant l’autre (Démétrios) à qui il fait l’aumône de quelques îles de la mer Egée. Puis il annexe la Serbie et la Bosnie en 1463, en islamisant les populations, le yatagan sur le cou. Sur ses terres Il bat le bey de Candaroglu en Anatolie, puis il conquiert l’Arménie et l’empire de Trébizonde en 1461. Il éradique le sultanat des Akkoyunlu en 1473. Ceci fait il dirige ses pas vers la Crimée et les comptoirs génois dont celui de Caffa. L’empire ottoman prend le contrôle des comptoirs au cours de l’année 1475.
En 1477, il vise l’Italie et certaines positions vénitiennes. Un de ses vizirs (Gedik Ahmed Pacha) va même prendre Otrante en Italie. En juin 1480, il envoie 100.000 hommes mettre le siège devant Rhodes qui est défendue par 350 Hospitaliers, 500 chevaliers et 2.000 hommes d’armes. Les Ottomans lèvent le siège en août ayant perdu 9.000 hommes dans les affrontements. C’en est trop ; le pape donne des instructions pour se débarrasser de ce Turc aux dents longues qui a déjà causé des malheurs sans nom à la chrétienté. Le médecin personnel du sultan, convenablement soudoyé, empoisonne son maître, qui rend l’âme le 3 mai 1481 dans la ville de Gebce.
Mehmed II eut sept épouses et cinq enfants. Une fille et quatre fils, Mustapha, Bayezid, Cem et Korkut. Bayezid prend le pouvoir en éliminant ses frères. La loi du fratricide prendra effet plus tard. Cem qui perd deux batailles contre son frère, se réfugie auprès des Hospitaliers de Saint Jean à Rhodes (1), il jouira d’une vie d’otage dorée, et finira, probablement empoisonné sur ordre de son frère. Il sera inhumé en Turquie, auprès de ses parents.
Kemal Ataturk
Mehmed II a créé les bases d’où partiront les raids victorieux de Bayezid et de Soliman le magnifique. L’empire croîtra en magnificence, en cruauté et en utilisant toutes les compétences d’où qu’elles viennent pour sa gloire. A partir de Sélim l’ivrogne, l’empire commencera sa lente descente, jusqu’à la prise en main de Kemal Ataturk, le loup gris.
2010 --FNCV--
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Pierre d’Aubusson, Grand Maître des Hospitaliers, l’accueille avec les honneurs dus à un chef d’état. Çem est conduit à l’Auberge de France, sur les épaules de deux de ses serviteurs selon l’usage turc. Des tournois et des festins sont donnés en son honneur. Çem va errer de pays en pays, au gré de la politique mais toujours présent dans l’esprit de son frère Bayazid qui va payer une somme colossale pour le faire disparaître.