GRAND COMBATTANT VOLONTAIRE

Joséphine Baker

Joséphine Baker naît le 3 juin 1906 aux Etats-Unis, dans le Missouri, sous le nom de Frida Joséphine McDonald.

Citoyenne française par le mariage

Ses parents, Eddie Carson et Carrie Mc Donald, vivent dans le quartier pauvre de Saint-Louis, ville fondée par les Français en 1764, où elle grandit. Après avoir travaillé comme serveuse dès l’âge de treize ans, elle devient danseuse et à dix-huit ans, on la trouve à New-York, se produisant notamment dans la Revue Nègre. En 1925, celle qu’on appelle la Vénus noire est à Paris et, allant de succès en succès, acquiert la célébrité. Dotée d’un beau brin de voix aux délicieux accents exotiques, elle interprète plusieurs chansons comme la petite Tonkinoise et J’ai deux amours, en 1930. En 1937, elle devient citoyenne française par le mariage.

Résistante

En 1939, lorsque la seconde guerre mondiale se déclare, Joséphine Baker se produit aux Folies Bergères et au Casino de Paris, avec Maurice Chevalier. Fidèle à sa patrie d’adoption, elle va travailler pour les services de renseignement français et au cours des soirées mondaines, s’emploie à recueillir auprès des officiels des informations sur l’emplacement des troupes allemandes. Elle cache des réfugiés et des armes au château des Milandes, dans le Périgord, dont elle est locataire. A partir de l’été 1940, interdite de scène par les lois nazies, elle devient l’une des premières résistantes en transportant à l’étranger des textes de renseignements écrits à l’encre sympathique sur ses partitions. Lors de ses passages de frontières,elle agrafe d’autres messages à l’intérieur de son soutien-gorge. Soupçonnée et menacée d’arrestation par les Allemands, elle se réfugie au Maroc et s’installe à Marrakech.

Combattante, ambassadrice de la France libre

Le 23 mai 1944, Joséphine Baker s’engage officiellement dans l’armée de l’air française. Titulaire du brevet de pilote, elle va être affectée au bataillon 117 et exercer les fonctions d’officier chargé de la propagande. Elle obtient le grade de sous-lieutenant. Dès lors, elle va se comporter en véritable ambassadrice de la France libre au cours de ses tournées en Afrique du Nord et au Proche Orient.

Militante

La paix revenue, Joséphine Baker va consacrer la plus grande partie de son temps et de son énergie à des œuvres caritatives, la défense des victimes de guerre et des droits civils. Elle adopte des enfants orphelins, sa famille « Arc en ciel » qui trouvent refuge au château des Milandes dont elle a fait l’acquisition dans le Périgord. Afin de financer ses dépenses, elle organise des galas de bienfaisance, puis entreprend de nouvelles tournées, mais les années ont passé, et les dettes s’accumulent…

Le 12 avril 1945, elle est prise d’un malaise cardiaque et quatre jours après s’être produite sur la scène du théâtre Bobino, lors de la première d’un spectacle retraçant sa vie, elle décède d’une hémorragie cérébrale. Une messe solennelle est dite pour elle en l’église de la Madeleine, en présence d’une foule innombrable et les honneurs militaires lui sont rendus.

Joséphine Baker était chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la croix de guerre avec palme, médaille de la Résistance, médaille de la France Libre et de la médaille commémorative de la guerre 1939/1945.

Belle femme volontaire au coeur généreux, elle avait par delà le luxe, le strass et les paillettes, une âme simple et pure qui nous laisse un souvenir impérissable.

(c) Pierre CERUTTI – FNCV