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75 ans de l’OTAN : La Russie trompée par l’Alliance ?

mercredi 3 avril 2024 | Infos et Actualités

L’Alliance Atlantique Nord fête jeudi ses 75 ans d’existence…

Russie-Otan : la vérité enfin révélée

Revenant sur les échanges tendus entre les États-Unis, l’Otan et la Russie, le documentaire de Jean Lorenzen* contrecarre les propos de Vladimir Poutine sur l’Alliance.

« On finira par oublier », se disent les fauteurs de guerre. Ainsi de celle en Ukraine qui suscite de part et d’autre du monde la compassion et les exhortations à la paix. Rhétorique inique puisqu’il s’agit en réalité d’une invasion en bonne et due forme, laquelle implique un agresseur objectif et une victime objective. L’histoire est, depuis le 24 février 2022, réécrite un peu plus chaque jour au point, aujourd’hui, de se résumer à un tort partagé, lequel justifierait une paix honnête : un peu de l’Ukraine pour la Russie, une autre pour l’Ukraine.

Avant même de lancer son offensive contre Kiev, Vladimir Poutine avait préparé les esprits en répétant que l’Otan n’avait, depuis la chute de l’URSS, tenu aucun de ses engagements vis-à-vis de Moscou. À commencer par le premier d’entre eux : pas d’extension de l’alliance dans les anciennes républiques soviétiques. Cette promesse a-t-elle été vraiment formulée ?

Un documentaire exceptionnel consacré aux rapports de l’Otan et de la Russie vient de paraître. Nombre d’historiens sont interviewés ; et, parmi eux, Mary Elise Sarotte, autrice d’un livre de référence, paru aux Yale University Press, Not One Inch : America, Russia, and the Making of Post-Cold War Stalemate. Son ambition est de procéder à une reconstitution précise des faits relativement aux échanges entre les États-Unis, l’Otan et la Russie.

Des heurts hérités de la guerre froide

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne capitule ; les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’URSS et la France se partagent son territoire en zone d’occupation. À la chute du mur de Berlin, en 1989, ces pays ont encore des droits reconnus par les traités et l’ordre international. La réunification de l’Allemagne implique par conséquent un renoncement préalable à ces derniers. Quant à Moscou, elle perd un de ses satellites et attend une compensation, mais laquelle ?

L’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne de l’Ouest, Hans-Dietrich Genscher, est convaincu que Gorbatchev accepterait la réunification à la condition d’avoir la certitude que ni la Pologne ni la Hongrie ne rejoindraient l’Otan. Il formule cette proposition à James Baker, secrétaire d’État de George H. W. Bush. Séduit par l’idée, le chef de la diplomatie américaine se rend ensuite à Moscou, où il évoque ce projet à l’occasion d’une conversation avec Gorbatchev, qui s’y montre naturellement favorable. Baker rentre à Washington et rend compte de ces discussions au président, dont il est par ailleurs un ami.

Alors qu’il s’attendait à une réaction enthousiaste, il affronte si ce n’est une colère du moins de vigoureuses remontrances de la part de Bush. Ce dernier explique alors au chef de sa diplomatie que l’Otan n’a pas à se montrer aussi généreuse. L’Ouest a gagné la guerre, il n’est pas question de se comporter en vaincu.

Un malencontreux épisode qui résonne encore aujourd’hui

Après cet entretien, les faits sont si clairs que Baker écrit, à la fin du mois de février 1990, une lettre à Genscher, dans laquelle il fait état de la position du président, et où il regrette d’avoir été aussi loin dans les négociations sans avoir eu l’aval du maître du Bureau ovale. Bref, après ce malentendu, l’extension de l’Otan dans les anciennes républiques soviétiques ne sera plus évoquée au cours des pourparlers.

Deux semaines plus tard, le chancelier allemand, Helmut Kohl, se rend à Camp David, et s’entretient avec George Bush, qui revient sur ce malencontreux épisode et sur cette idée en employant une formule limpide, consignée dans des archives disponibles : « To Hell with that. » En Français : « Au diable cette idée. »

Comment, dans ces conditions, faire accepter aux Soviétiques la réunification ? Avec de l’argent, en les soudoyant. Ce qui fut fait, et ce qui explique l’accord de Moscou au nouvel ordre du monde.
Voilà pourquoi Vladimir Poutine est incapable de produire le moindre document démontrant une trahison de l’Otan. Celle-ci n’a jamais existé.

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Poutine, l’Otan et l’Europe de Jean Lorenzen, Arte, 2024

 

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Source : LePoint.fr par Arthur Chevallier / Photo : © Virginia Mayo/AP
~ FNCV, Actualité et revue de presse ~

Voir aussi : Sources et références…
https://www.lepoint.fr/monde/russie-otan-la-verite-enfin-revelee-02-04-2024-2556675_24.php
https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/l-otan-a-75-ans-l-age-de-la-resilience-democratique-994366.html
https://www.varmatin.com/securite/membres-parfois-turbulents-citations-cultes-zero-armee-lotan-a-75-ans-et-une-histoire-parfois-meconnue-913016

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