Guerre au Liban : Accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah

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Guerre au Liban : Accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah

Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah est entré en vigueur tôt mercredi au Liban, après plus d’un an d’hostilités transfrontalières et deux mois de guerre ouverte entre l’armée israélienne et le mouvement libanais armé soutenu par l’Iran.

La trêve, valable depuis 04H00 (02H00 GMT), doit interrompre le conflit qui a contraint des dizaines de milliers de personnes en Israël et des centaines de milliers d’autres au Liban à fuir leur domicile.

Les hostilités ont conduit à des bombardements sur le Liban, faisant des milliers de morts, et au déploiement de soldats israéliens de l’autre côté de la frontière entre les deux pays pour affronter les combattants du Hezbollah.

Le mouvement pro-iranien, affirmant agir en soutien au Hamas, avait ouvert un front contre Israël le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien en Israël qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

Peu après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à l’aube, des habitants du sud du Liban et de la plaine de la Békaa ont commencé à retourner dans leurs villages, formant des convois de véhicules, a rapporté l’agence officielle libanaise Ani.

Le président américain Joe Biden a salué mardi l’accord de cessez-le-feu, « un nouveau départ » pour le Liban et une « bonne nouvelle » pour laquelle les Etats-Unis et la France œuvraient depuis des semaines.

Dans une interview à Al-Jazeera publiée avant la trêve, l’envoyé américain Amos Hochstein avait indiqué que les forces israéliennes positionnées à deux ou trois kilomètres de la frontière avec le Liban se retireraient progressivement au cours des 60 prochains jours. « Au fur et à mesure que l’armée libanaise se redéploiera vers le sud, les forces israéliennes partiront. »

Le Hezbollah doit aussi se retirer de la frontière sud avec Israël.

Avant le feu vert israélien final, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué que la durée du cessez-le-feu dépendrait « de ce qui se passera au Liban ». « Nous maintenons une totale liberté d’action militaire » au Liban, a-t-il ajouté: « Si le Hezbollah viole l’accord et tente de se réarmer, nous attaquerons ».

Peu après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’armée israélienne a averti les habitants du sud du Liban de ne pas s’approcher des positions où elle reste déployée.

« Il vous est interdit de vous diriger vers les villages que les FDI (l’armée israélienne, NDLR) ont ordonné d’évacuer ou vers les forces des FDI dans la région », a déclaré le porte-parole de l’armée Avichay Adraee dans un message sur X.

Selon les autorités libanaises, au moins 3.823 personnes ont été tuées au Liban au total depuis octobre 2023, dont la plupart ces dernières semaines. Les hostilités y ont déplacé quelque 900.000 personnes, selon l’ONU.

Côté israélien, 82 militaires et 47 civils ont été tués en 13 mois, dans les affrontements avec le Hezbollah, selon les autorités.

Mardi, des habitants du nord d’Israël interrogés par l’AFP s’affirmaient opposés à un cessez-le-feu: « ce serait une grave erreur tant que le Hezbollah n’aura pas été complètement éliminé », jugeait Maryam Younnes, une étudiante de 29 ans.

« Se concentrer » sur l’Iran

L’annonce de l’accord est intervenue après qu’Israël a pilonné mardi le centre de Beyrouth et sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, comme jamais depuis qu’il a lancé le 23 septembre une campagne de bombardements visant le mouvement dans le pays voisin, puis y a entamé le 30 septembre des opérations au sol dans le sud.

Moins d’une heure avant l’entrée en vigueur de l’accord, au moins deux frappes ont visé la banlieue sud de Beyrouth, selon des images diffusées par AFPTV, peu après des appels à évacuer une zone au centre de la capitale libanaise et une autre dans sa banlieue sud par l’armée israélienne. Mardi soir, le Hezbollah avait de son côté dit avoir lancé des drones contre des « cibles militaires sensibles » à Tel-Aviv.

Le Hezbollah n’a pas participé directement aux négociations de la trêve, faisant plutôt appel au chef du Parlement Nabih Berri pour négocier en son nom, et n’a pas, jusqu’ici, commenté l’accord.

La guerre au Liban a considérablement affaibli le mouvement pro-iranien. Son chef Hassan Nasrallah a été tué le 27 septembre dans une puissante frappe israélienne sur la banlieue sud de la capitale libanaise, de même que nombre de ses hauts responsables.

Benjamin Netanyahu considère que la trêve va permettre à Israël d' »intensifier » sa pression sur le Hamas palestinien, contre lequel il mène une offensive meurtrière dans la bande de Gaza.

« Lorsque le Hezbollah est hors jeu, le Hamas se retrouve seul (à Gaza). Notre pression va s’intensifier, et cela contribuera à la mission sacrée de libérer nos otages », a-t-il déclaré mardi à la télévision.

Le cessez-le-feu va également permettre à Israël de « se concentrer sur la menace iranienne », a ajouté M. Netanyahu.

Téhéran constitue le principal soutien du Hezbollah et du Hamas et d’autres mouvements qui, au Moyen-Orient, s’opposent à Israël.

L’Iran a lui-même effectué deux attaques de missiles et de drones contre Israël depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, la plupart interceptés.

Les attaques du Hezbollah dans le nord d’Israël ont contraint des dizaines de milliers d’habitants à évacuer leur domicile. Les autorités israéliennes affirment combattre le mouvement libanais pour leur permettre d’y revenir.

Paris et Washington veillent

D’après Joe Biden, l’accord de trêve à été conçu pour donner lieu à un arrêt permanent des hostilités entre les deux parties.

En vertu de l’accord, l’armée libanaise doit prendre le contrôle de la zone frontalière, côté libanais, et « ce qui reste du Hezbollah et des autres organisations terroristes ne sera pas autorisé (…) à menacer à nouveau la sécurité d’Israël », a dit le président américain.

Les Etats-Unis et la France doivent veiller à ce que l’accord de cessez-le-feu soit « mis en œuvre dans son intégralité », ont déclaré mardi soir Joe Biden et son homologue Emmanuel Macron dans un communiqué commun.

Le ministre américain de la Défense Lloyd Austin a pour sa part salué mardi soir une « résolution diplomatique » qui « permettra à des dizaines de milliers de civils libanais et israéliens de rentrer chez eux en toute sécurité, de part et d’autre de la frontière, et de mettre un terme à la violence et à la destruction engendrées par ce conflit ».

Parallèlement, l’armée israélienne poursuit ses frappes sur la bande de Gaza assiégée, où au moins 22 personnes ont été tuées mardi, selon la Défense civile, et où des milliers de déplacés tentent de se protéger de la pluie et du froid.

La guerre a été déclenchée par l’attaque du Hamas, qui a entraîné la mort de 1.207 personnes côté israélien, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur les données officielles, incluant les otages tués ou morts en captivité.

L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 44.249 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Je tenais à saluer l’accord de cessez-le-feu agréé ce jour entre Israël et le Liban.
Emmanuel Macron
@EmmanuelMacron X.com

Source : Actu Orange.fr avec AFP / Photo : ANWAR AMRO / AFP – Accord de cessez-le-feu, le 27 novembre 2024.
~ FNCV, Actualité et revue de presse ~

Voir aussi : Sources et références…
https://actu.orange.fr/monde/le-cessez-le-feu-entre-israel-et-le-hezbollah-est-entre-en-vigueur-au-liban-CNT000002gv4W5.html
https://www.nouvelobs.com/monde/20241127.OBS97023/nouveau-depart-succes-pour-la-diplomatie-la-communaute-internationale-salue-le-cessez-le-feu-au-liban.html
https://www.courrierinternational.com/reveil/2024-11-27#article-1
https://www.lemonde.fr/international/live/2024/11/27/en-direct-guerre-au-proche-orient-a-peine-le-cessez-le-feu-entre-en-vigueur-au-liban-de-nombreux-habitants-retournent-dans-le-sud-du-pays_6408012_3210.html

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FNCV : Le relais mémoriel Paris-Strasbourg 2024… La Flamme est à Strasbourg !

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FNCV : Le relais mémoriel Paris-Strasbourg 2024… La Flamme est à Strasbourg !

Cette année encore, nous sommes heureux d’avoir partagé avec vous le

RELAIS MÉMORIEL PARIS STRASBOURG 2024

Samedi 23 novembre 2024, la Flamme est enfin arrivée à Strasbourg.

Dimanche 17 novembre 22024, la FNCV a prélevé la Flamme de la Nation afin de l’emmener vers Strasbourg pour le 23 novembre.

Retrouvez notre périple au cours de cette semaine mémorielle sur notre page Facebook. Retrouvez de nombreuses photos des villes et villages participants que nous avons traversé…

Cette année, la Flamme de la nation est passée, entres autres, à :

  • BRIE COMTE ROBERT,
  • COUBERT,
  • SOLERS,
  • GUIGNES,
  • MORMANT,
  • GRAND PUITS,
  • NANGIS,
  • RAMPILLON,
  • CHAPELLE SAINT SULPICE,
  • PROVIN,
  • SOURDIN,
  • NOGENT SUR SEINE,
  • FERREUX QUINCEY,
  • SAINT MARTIN DE BOSSENAY,
  • MARIGNY LE CHATEL,
  • ECHEMINE,
  • SAINT FLAVY,
  • TROYES,
  • COURTERANGES,
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Ville de Mirecourt

Ce jeudi 21 novembre, le relais mémoriel Paris Strasbourg 2024, organisé par la Fédération Nationale des Combattants Volontaires est passé par Mirecourt aujourd’hui, à 15h15.
Ce relais mémoriel s’inscrit dans les actions nationales du 80e anniversaire de la Libération de la France (GIP national).

La FNCV, créée à la fin de la 1ere Guerre Mondiale le 24 janvier 1919, s’attache entre autres à promouvoir la mémoire et l’apporter au plus près des jeunes et moins jeunes.
Dimanche 17 novembre 2024, la FNCV a prélevé la Flamme de la Nation afin de l’emmener vers Strasbourg pour le 23 novembre.

 

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Guerre en Ukraine : Missiles sur la Russie… Escalade ou recherche d’une position de force ?

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Guerre en Ukraine : Missiles sur la Russie… Escalade ou recherche d’une position de force ?

Alors que Zelensky craint une défaite face à la Russie si l’aide américaine s’arrête, le conflit semble s’engager dans une escalade. Après le feu vert de Joe Biden, l’Ukraine a tiré un missile ATACMS sur le territoire russe ; Vladimir Poutine a répondu en brandissant la menace nucléaire et, hier, les États-Unis ont annoncé fournir à l’Ukraine des « mines antipersonnel non-persistantes ».

La guerre en Ukraine semble s’être engagée dans une escalade dont on peine à imaginer l’issue, 1 000 jours après l’invasion russe. Depuis quelques semaines, en effet, Ukrainiens et Russes semblent jeter toutes leurs forces dans la bataille pour pousser au maximum leurs gains territoriaux. Une véritable course contre la montre alors qu’approche l’hiver qui pourrait geler la ligne de front et surtout dans la perspective du retour de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier prochain.

Réélu largement président des États-Unis le 5 novembre, Donald Trump espère, en effet, entamer son mandat par un succès diplomatique aussi retentissant qu’improbable à l’heure actuelle : l’arrêt de la guerre en Ukraine. Cette perspective incite Ukrainiens et Russes à être en position de force pour le jour où des négociations de paix s’engageront.

Missiles longue portée

Du côté Ukrainien, on se prépare à faire face à un arrêt de l’aide américaine que les partisans de Trump ont si souvent contestée et entravée au Congrès ces derniers mois. Joe Biden, encore président pour deux mois, tente de couper l’herbe sous le pied de son successeur : plusieurs mois après avoir autorisé l’Ukraine à mener des frappes d’artillerie en Russie pour protéger Kharkiv, il a enfin donné son feu vert, dimanche, pour que les troupes de Volodymyr Zelensky puissent utiliser les missiles américains ATACMS, d’une portée de 300 kilomètres, pour frapper des cibles sur le territoire russe.

Aussitôt, l’Ukraine a utilisé cette possibilité : mardi matin, elle a, selon l’armée russe, visé des installations militaires dans la région de Briansk, non loin de la frontière ukrainienne. Cinq projectiles ont été détruits.

Reste que l’usage tardif de ces missiles, qui constituent une option tactique, ne devrait pas forcément changer la donne, car l’armée russe a appris à protéger ses sites et qu’elle est à l’offensive à Koursk avec l’appui de quelque 10 000 soldats nord-coréens… Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a toutefois jugé, en marge du G20 à Rio, que cela adressait « un signal » selon lequel l’Ukraine et les Occidentaux « veulent l’escalade ».

Menace nucléaire russe

Et il a invité les Occidentaux à « lire la totalité » de la nouvelle doctrine nucléaire russe, officialisée mardi par Vladimir Poutine, qui a brandi rien moins que 110 fois la menace nucléaire depuis le début de la guerre. La nouvelle doctrine russe en la matière élargit la possibilité d’un recours à l’arme atomique en cas d’attaque « massive » par un pays non nucléaire mais soutenu par une puissance nucléaire. Une référence claire à l’Ukraine et aux États-Unis.

Moscou, qui multiplie les frappes notamment contre la capitale ukrainienne Kiev et les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, a promis une réponse « appropriée » après l’attaque menée sur son sol. Washington, Londres et l’Union européenne ont alors dénoncé « une rhétorique irresponsable » de la part de la Russie de Vladimir Poutine. Emmanuel Macron a dénoncé une posture « escalatoire » de la Russie qu’il a appelée « à la raison » : « Elle a des responsabilités en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies ».

De son côté Volodymyr Zelensky a mis en garde mardi contre le risque d’une défaite face à Moscou en cas de fin de l’aide américaine, jugeant la « survie » de l’Ukraine en jeu. « S’ils coupent (l’aide), je pense que nous perdrons », a déclaré le dirigeant ukrainien lors d’une interview sur Fox News, la chaîne américaine préférée des conservateurs. « Bien sûr, dans tous les cas, nous resterons, nous nous battrons. Nous avons notre production. Mais ce n’est pas assez pour l’emporter. Et je pense que ce n’est pas assez pour survivre », a rajouté le président qui avait immédiatement félicité Donald Trump pour son élection, et cherché à le convaincre de souscrire à son idée de « paix par la force », c’est-à-dire qui ne laisserait pas gagner la Russie.

Mines antipersonnel

Si l’entourage de Donald Trump diverge sur les options à privilégier pour régler le conflit, il a dénoncé une « escalade » voire un risque de « troisième guerre mondiale » après la décision de Joe Biden d’autoriser l’Ukraine à utiliser les missiles ATACMS. Des critiques qui ne semblent pas avoir perturbé Joe Biden qui a décidé de fournir à l’Ukraine des « mines antipersonnel non-persistantes » (équipées d’un dispositif d’autodestruction ou d’autodésactivation) pour renforcer ses défenses face à l’invasion russe, suscitant la consternation chez certaines ONG luttant contre ce type d’armes, dont les victimes sont à la hausse dans le monde.

Today, I addressed the participants of an extraordinary session of the European Parliament marking the 1,000th day of Russia’s full-scale invasion of Ukraine.

Every “today” is the best moment to push Russia harder. It is clear that without certain key factors, Russia will lack… pic.twitter.com/etKlasOmtg
— Volodymyr Zelenskyy / ????????? ?????????? (@ZelenskyyUa) November 19, 2024

Avec cette décision américaine, on voit que la course contre la montre dans la guerre en Ukraine se poursuit, s’intensifie même et devrait sans doute perdurer jusqu’au 20 janvier et l’arrivée de Donald Trump.

Après, un nouveau chapitre va s’ouvrir, chaque partie le sait. Face au Parlement ukrainien, Volodymyr Zelensky a ainsi estimé que le dénouement interviendrait en 2025 et reconnu que l’Ukraine pourrait devoir attendre l’après-Poutine pour « rétablir » son intégrité territoriale. C’est la première fois qu’il admettait ainsi que son pays devra « peut-être » accepter, pendant un temps, la perte de zones occupées par la Russie, qui représentent 20 % du territoire ukrainien.

Source : LaDepeche.fr / Photo : AFP
~ FNCV, Actualité et revue de presse ~

Voir aussi : Sources et références…
https://www.ladepeche.fr/2024/11/21/guerre-en-ukraine-missiles-mines-antipersonnel-arme-atomique-linevitable-escalade-entre-lukraine-et-la-russie-12336566.php
https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-tout-va-se-passer-entre-le-20-novembre-et-le-20-janvier-explique-peer-de-jong-ancien-colonel-et-vice-president-de-l-institut-themiis_6909170.html
https://www.ouest-france.fr/europe/ukraine/guerre-en-ukraine-macron-appelle-poutine-a-la-raison-drones-ukrainiens-le-point-sur-la-nuit-93044e46-a6d2-11ef-b5f5-e7aa8444a877

 

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Voir aussi : Sources et références…
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Défense nationale : L’armée française serait-elle adaptée en cas de conflit majeur de « haute intensité » ?

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Défense nationale : L’armée française serait-elle adaptée en cas de conflit majeur de « haute intensité » ?

Guerre en Ukraine : La France et son « armée bonsaï » est-elle taillée pour un conflit contre une grande puissance ?

Spécialisée dans les opérations extérieures ces dernières années, l’armée française doit faire face à une évolution des menaces internationales, alors que l’élection de Donald Trump pourrait rebattre les cartes de la présence américaine en Europe.
La France dispose encore de 120.000 personnes dans son armée de Terre, mais fait face à des difficultés de recrutement.

L’armée française reste encore l’une des plus grandes puissances en Europe, « mais il y a un recul progressif, notamment du fait que d’autres acteurs développent leurs capacités », prévient Léo Péria-Peigné, spécialiste de l’armement.

Qualifiée parfois « d’armée bonsaï », elle reste présente dans tous les domaines, mais paraît sous-équipée dans certains secteurs, comme la guerre électronique.

Elle reste toutefois la seule nation de l’union européenne dotée de l’arme nucléaire, ce qui lui confère un statut particulier.

Effectifs, expérience, matériel… Que vaudrait aujourd’hui l’armée française, dans un conflit dit de haute intensité ? Après l’élection de Donald Trump, ce qui pourrait rebattre les cartes de la présence américaine en Europe, et face à la menace Russe, la France aurait-elle les moyens d’assumer une position de leader au sein de l’union européenne ? 20 Minutes fait le point sur la situation.

Quel est l’état des forces armées françaises ?

Le ministère des Armées compte en 2024 un peu plus de 200.000 personnes, dont 120.000 au sein de l’armée de Terre (dont 77.000 au sein de la force opérationnelle terrestre), 40.000 dans l’armée de l’Air et 41.000 dans la Marine. La réserve s’établit à un peu plus de 40.000 personnes. Parmi les équipements principaux, l’armée de Terre s’appuie (officiellement) sur 222 chars de combat Leclerc. La France disposait par ailleurs, avant 2022, de 76 camions canons Caesar (capables de tirer six obus à 40 kilomètres en moins d’une minute), et en a cédé une trentaine à l’Ukraine. Une commande de nouveau matériel doit lui permettre de remonter à 109 unités, après 2030.

La Marine possède de son côté quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engin, cinq sous-marins nucléaires d’attaque, un porte-avions, 15 frégates et 45 avions de combat Rafale Marine. L’armée de l’Air dispose de 197 avions de chasse, dont 108 Rafale avec les dernières livraisons en 2024, mais doit céder quelque Mirage 2000-5 à l’Ukraine début 2025.

Chercheur au Centre des études de sécurité de l’Ifri (Institut français des relations internationales), spécialiste de l’armement, Léo Péria Peigné tempère ces éléments. « En termes humains, on commence à voir les effets du vieillissement de la France, ce qui limite la population recrutable, explique-t-il à 20 Minutes. D’autres facteurs, comme la fin des opérations extérieures (Opex) qui ont largement contribué au recrutement des armées, font qu’il sera peut-être difficile de réaliser la transition avec les nouvelles missions des armées, notamment notre présence à l’est, moins attractive. »

Sur le matériel, le spécialiste de l’armement estime que la France dispose en réalité « d’un peu moins de 200 chars, dont les deux tiers sont opérationnels à un moment donné ». A côté de cela, « de nouveaux véhicules entrent en service – Griffon, Jaguar, Serval –, des engins très modernes mais dont la conception est elle aussi très influencée par les Opex africaines de la France ». Sur les avions de chasse, « à force d’étaler la livraison des Rafale, lorsque le dernier sera livré, il faudra quasiment retirer les premiers, qui auront alors plus de trente ans, alerte le spécialiste. Et il nous manque encore de la capacité à détruire les défenses antiaériennes adverses ».

Une puissance nucléaire enviable ?

La France est aussi, avant tout même, une puissance nucléaire, ce qui lui confère un statut particulier. « Plus que jamais la dissuasion nucléaire française nous garantit une protection que beaucoup d’autres alliés peuvent nous envier », écrit ainsi le ministre des Armées Sébastien Lecornu, dans son récent ouvrage Vers la guerre ? L’intérêt de la dissuasion étant que « l’adversaire doit prendre en compte dans son calcul le risque d’escalade nucléaire », rappelle à 20 Minutes Yannick Pincé, docteur en histoire contemporaine et spécialiste du nucléaire, au sein du Centre interdisciplinaires sur les enjeux stratégiques (Ciens).

Mais la dissuasion française est-elle crédible ? « Nous disposons de 290 têtes nucléaires, cela peut paraître faible, mais nous avons de quoi causer des dégâts considérables, assure Yannick Pincé. Si on lançait ne serait-ce que la moitié de notre arsenal, nous pourrions faire baisser les températures à l’échelle mondiale. Et nous avons un autre allié avec qui nous avons des intérêts vitaux communs, le Royaume-Uni. Si on cumule les deux, nous ne sommes pas loin des capacités chinoises, et là on entre dans une crédibilité encore plus forte ». Pourtant, même si « la France a toujours eu une dimension européenne dans sa conception de la dissuasion, rappelle Yannick Pincé, nos alliés préféreront toujours le parapluie américain, car en termes capacitaires les Etats-Unis nous sont bien supérieurs, et sont jugés plus dissuasifs ». Les Etats-Unis (3.700 têtes nucléaires) possèdent, notamment, 180 armes nucléaires déployées en Europe.

Léo Péria-Peigné soulève de son côté que « la dissuasion absorbe entre 10 et 15 % du budget militaire, et concentre énormément d’efforts pour un domaine très spécifique, peut être au détriment de capacités plus conventionnelles ».

L’armée française est-elle toujours une grande armée ou une « armée bonsaï » ?

L’armée française pointe désormais entre la 10e et la 11e place au classement des puissances militaires mondiales. En Europe, « nous sommes encore parmi les tout premiers, assure Léo Péria-Peigné, mais il y a un recul progressif, notamment du fait que d’autres acteurs développent leurs capacités ». L’armée française serait ainsi désormais devancée par l’armée polonaise, qui revendique depuis cette année 216.000 militaires dans ses rangs. « Il faut relativiser, décrypte toutefois Léo Péria-Peigné, car la Pologne a tendance à compter du personnel qui n’est que réserviste. Mais effectivement elle se dirige pour devenir la première armée d’Europe en matière d’effectifs. Surtout, contrairement à la France, l’ensemble des moyens polonais sont mis au service d’un objectif stratégique unique : la défense territoriale européenne, là où la France disperse ses moyens sur divers objectifs (Europe, Afrique, Indo-pacifique, dissuasion, Sentinelle, etc.) »

L’armée française serait-elle devenue au fil du temps une « armée bonsaï », comme l’avait qualifiée le journaliste spécialisé des questions militaires Jean-Dominique Merchet, c’est-à-dire une armée qui dispose de tout, mais en petite quantité ? Certainement. Ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Yannick Pincé pointe qu’elle est ainsi « l’une des rares en Europe à avoir maintenu une armée multicapacitaires ». Idem pour Léo Péria-Peigné. « C’est plutôt sain en soi, car il est plus facile de remonter en puissance si nécessaire, que de repartir de zéro. »

Mais ce choix a aussi ses travers. « Parfois, nous ne disposons plus que d’une seule unité, comme pour la guerre électronique, ce qui paraît faible au regard des enjeux que cela représente aujourd’hui. Nous n’avons plus que six lance-roquettes longue-portée, nous ne disposons pas de réel moyen de lutte contre les drones, énumère le spécialiste de l’Ifri. Si demain nous devons être la nation-cadre au sein de l’union, il va nous manquer des choses. Mais nous ne sommes pas les seuls, tout le monde est dans ce cas-là. »

L’expérience acquise en opérations extérieures pourrait-elle servir en cas de guerre à haute intensité ?

Depuis 2015, les forces armées françaises sont régulièrement engagées dans des opérations contre le terrorisme : Barkhane au Sahel, Chammal en Irak-Syrie. Mais,

« ce n’est pas parce que nous savons faire la guerre au Mali, que nous savons faire la guerre de haute intensité, déclarait le général Thierry Burkhard, chef d’Etat-Major des Armées, dans un entretien à l’AFP et au New York Times le 6 mai dernier. Je ne dis pas que ce que nous faisons au Mali est facile, mais nous n’avons pas d’artillerie en face qui nous frappe dans la profondeur. »

« D’un côté cela nous vaut l’admiration de certains, car ce qui a été fait ce n’est pas que du combat, c’est aussi la capacité à organiser, à faire des déploiements, de la logistique, ce qui est très précieux, mais cela nous a aussi coûté très cher en matière d’usure du matériel, explique Léo Péria-Peigné. Et il faut reconnaître que ce sont des opérations très spécifiques, avec une opposition limitée, parce qu’il s’agit davantage de contre-insurrection que de guerre. Nous avons ainsi une armée de Terre qui s’est spécialisée dans des missions expéditionnaires au Sahel et qui doit maintenant évoluer pour pouvoir faire face à la haute intensité. » Que vaudra cette expérience « si on doit défendre nos alliés de l’Europe au sein de l’Otan ? » « Je ne sais pas. C’est un héritage ambivalent. »

La France et l’Europe pourraient-elles se défendre contre la Russie sans les Américains ?

Il va sans dire qu’un affrontement contre une grande puissance comme la Russie, se ferait à l’échelle de l’Europe, ou de l’Otan, et non d’une seule nation. Or, « la présence ou non des Etats-Unis en Europe définit notre capacité à nous défendre », estime Léo Péria-Peigné. « Sans les Etats-Unis nous sommes en difficulté, mais la priorité américaine n’est plus la Russie, c’est la Chine. La guerre en Ukraine a stoppé momentanément le reflux de la présence américaine en Europe, mais est-ce que ça va durer [avec l’élection de Donald Trump], je ne sais pas. »

La présence de soldats américains sur le sol européen est primordiale, confirme Yannick Pincé, car « s’attaquer aux pays de l’Otan, c’est s’attaquer aux soldats américains ». Or, durant la campagne de la présidentielle, le milliardaire a fait planer la menace de se désengager en Europe. « Est-ce que Trump va retirer ses soldats ? Je n’en suis pas sûr, pense toutefois Yannick Pincé. Il ne faut pas oublier que l’Otan est aussi une alliance qui permet à l’industrie américaine de tourner à plein régime, puisque les pays européens achètent du matériel américain. Regardez les difficultés que l’on a à exporter du Rafale en Europe, alors que nos alliés achètent des F-35. Donc, même Donald Trump réfléchirait à deux fois avant de concrétiser ses paroles. »
Wait and see.

Source : 20minutes.fr – Mickaël Bosredon / Photo : © Crédit photo : ERIC GAILLARD/AFP
« Orion 23 : Exercices de haute intensité et des simulations de combat. »
~ FNCV, Actualité et revue de presse ~

Voir aussi : Sources et références…
https://www.20minutes.fr/societe/4118505-20241112-guerre-ukraine-france-armee-bonsai-taillee-conflit-contre-grande-puissance
https://www.bfmtv.com/international/un-sacre-labyrinthe-comment-l-armee-francaise-se-prepare-a-une-potentielle-guerre-de-tranchees_AV-202411110488.html
https://actu.orange.fr/videos/france/ligne-rouge-comment-l-armee-francaise-est-elle-passee-de-1349-chars-a-222-CNT000002fNfqs.html
https://www.opex360.com/2024/11/04/general-burkhard-larmee-francaise-nest-pas-taillee-pour-aller-faire-la-guerre-dans-la-zone-indopacifique/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_arm%C3%A9es_fran%C3%A7aises

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FNCV

Les combattants volontaires d’hier et d’aujourd’hui préparent ceux de demain...