Marc Bloch reçoit la Croix du combattant volontaire de la Résistance à titre posthume…
Marc Bloch reçoit la Croix du combattant volontaire de la Résistance à titre posthume…
Intellectuel et homme d’action, résistant jusqu’au sacrifice suprême
Le mardi 23 juin 2026, quelques heures avant son officielle au Panthéon, s’est déroulée, au Grand Salon de la Sorbonne université, la cérémonie de remise de la Croix du combattant volontaire de la Résistance attribuée à titre posthume à Marc Bloch.
Comme hommage de la France à l’engagement républicain d’un homme au service de la nation, un cénotaphe sera érigé au Panthéon, car à la demande de la famille, ses restes et ceux de son épouse, Simone Vidal, n’y seront pas transférés.
La Croix du combattant volontaire de la Résistance est une décoration qui distingue un engagement volontaire au service de la Libération du territoire national et de la restauration de la République.
Son attribution à Marc Bloch rappelle la fidélité de l’historien, du professeur d’histoire des universités et de l’officier aux valeurs républicaines.
Marc Bloch n’a pas été seulement un intellectuel, mais un homme d’action, engagé dans la Résistance jusqu’au sacrifice suprême.
Le président
François Petit
Fédération Nationale des Combattants Volontaires
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« L’engagement physique de Marc Bloch dans les tranchées a été exceptionnel »
Marc Bloch entre aujourd’hui au Panthéon. Historien, ancien combattant des deux guerres mondiales, résistant, il fut fusillé par la Gestapo en 1944.
@Ministère de Armées et des Anciens Combattants
= Extrait =
Un patriote face à une étrange défaite
Après la défaite et la prise de pouvoir de Philippe Pétain, l’union des peuples n’est plus de mise en France. Les lois du régime de Vichy sur le statut des Juifs, qui font de ces derniers une catégorie à part de la population, en partie exclue de certaines activités professionnelles, contraignent sa vie quotidienne. Son logement parisien est réquisitionné par les Allemands ; sa bibliothèque, expédiée en Allemagne. Pas de quoi mettre en sommeil son activité d’historien et sa recherche perpétuelle de vérité. Entre juillet et septembre 1940, Marc Bloch rédige à chaud son récit de la défaite française – « le plus atroce effondrement de notre histoire » – et livre une analyse de ses causes, de l’incompétence d’un commandement militaire de vieillards à la faillite intellectuelle d’une nation. Lumineux, cet essai d’histoire immédiate, publié à titre posthume en 1946 sous le titre L’Étrange Défaite, n’a rien perdu de sa pertinence. Dans la conclusion de l’ouvrage, Marc Bloch évoque explicitement le sens et la portée de son engagement :
« Je souhaite, en tout cas, que nous ayons encore du sang à verser : même si cela doit être celui d’êtres qui me sont chers (je ne parle pas du mien, auquel je n’attache pas tant de prix). Car il n’est pas de salut sans une part de sacrifice ; ni de liberté nationale qui puisse être pleine, si on n’a travaillé à la conquérir soi-même. »
Marc Bloch, L’Étrange Défaite.
À l’âge de la retraite, il choisit la Résistance
Enfin accepté dans le mouvement Franc-Tireur [1] , Marc Bloch franchit un nouveau cap dans l’engagement. Il abandonne femme et foyer et, en 1943, bascule totalement dans la clandestinité. Il vit seul dans une petite chambre à deux pas des pentes de la Croix-Rousse, à Lyon. Il navigue entre les pseudonymes, se faisant appeler successivement « Arpajon », « Chevreuse », « Narbonne ». Dans la Résistance, son sens de l’organisation, sa rigueur et sa minutie font merveille, que ce soit pour tirer un tract clandestin, planifier un transport d’armes ou organiser des rencontres secrètes. Il prend vite du galon et intègre le directoire des Mouvements unis de la Résistance [2] (MUR), où il représente Franc-Tireur. En dépit de son âge, il impressionne ses compagnons de lutte par son adaptation aux difficiles conditions de vie des combats de l’ombre. L’un d’eux se souviendra d’« un vieux savant sautant comme un jeune homme dans un tramway en marche, à la Croix-Rousse »…
Mort en clandestin, figure panthéonisée
En 1944, tandis que deux de ses fils se sont à leur tour engagés dans le combat, Marc Bloch atteint le point ultime de son sacrifice. Le matin du 8 mars 1944, alors qu’il vient de sortir de chez lui, il est arrêté sur le pont de la Boucle (aujourd’hui pont Winston-Churchill) qui enjambe le Rhône. Emprisonné à Montluc – où officiait Klaus Barbie, chef de la Gestapo à Lyon –, il est longuement torturé, sans jamais rien révéler sur la Résistance. Le 16 juin, la Gestapo l’extrait de sa cellule avec plus de vingt autres détenus. Un convoi les emmène à une quarantaine de kilomètres au nord de Lyon, à Saint-Didier-de-Formans, dans l’Ain. Là, on fait descendre les prisonniers, qui sont mitraillés au fur et à mesure qu’ils entrent dans un champ. Sans autre forme de procès. Mort anonyme, exécuté sous le pseudonyme de Blanchard. Sa famille n’obtiendra confirmation de son décès qu’après plusieurs semaines.
Marc Bloch meurt à 57 ans, sans avoir jamais renié son idéal. Il a donné un sens nouveau à la figure de l’intellectuel engagé. Pas seulement engagé dans le débat d’idées, mais engagé par son corps et par sa chair. Le 23 juin 2026, quatre-vingt-deux ans après son exécution sommaire par les Allemands, Marc Bloch a été panthéonisé avec son épouse Simonne Vidal. Alors qui a-t-on honoré dans ce temple des « grands hommes » ? Le résistant ou l’historien visionnaire ? Les deux ! Ces deux qui sont faits d’« un seul Bloch », pour paraphraser l’historien Lucien Febvre, ces deux qui sont indissociables. « Pour son œuvre, son enseignement et son courage, nous décidons que Marc Bloch entrera au Panthéon », déclare ainsi Emmanuel Macron le 23 novembre 2024. Il qualifie l’historien d’« homme des Lumières dans l’armée des ombres ».
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Source : FNCV – Enseignement Lumni.fr (Extrait) / Photo: elysee.fr
~ FNCV, Actualité et revue de presse ~
Voir aussi : Sources et références…
https://www.defense.gouv.fr/sga/actualites/lengagement-physique-marc-bloch-tranchees-ete-exceptionnel
https://enseignants.lumni.fr/parcours/1650/marc-bloch-un-historien-et-un-combattant-au-pantheon.html
https://www.jean-jaures.org/publication/lavant-pantheon-de-marc-bloch-deja-le-pantheon/
https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2026/06/23/ceremonie-dentree-au-pantheon-de-marc-bloch






