ORION 2026 : Le défi de la haute intensité
Le vice-amiral Xavier Royer de Véricourt, commandant du centre expert du commandement interarmées de l’état-major des armées, a présenté l’exercice ORION 2026 lors du point presse hebdomadaire du ministère des Armées et des Anciens combattants.
Entraînement majeur de préparation opérationnelle à la haute intensité, ORION 2026 montre la capacité de la France à entrer en premier sur un théâtre d’opérations et à s’intégrer dans un dispositif Otanien. Le but est de garantir la sécurité de ses citoyens, de protéger ses intérêts mais aussi d’unir ses partenaires au service de la sécurité européenne.
Cet exercice d’envergure s’impose dans un contexte géopolitique marqué par la multiplication des tensions. « Les compétiteurs stratégiques de l’Europe et de l’Otan multiplient les actions hybrides visant à fragiliser leur cohésion et à affaiblir leur modèle de société. Ces actions constituent aujourd’hui une menace majeure pour nos intérêts », confirme le vice-amiral Xavier Royer de Véricourt, commandant du centre expert du commandement interarmées de l’état-major des armées (EMA). À ce constat, la France répond en s’adaptant, « à la fois sur la maîtrise des champs cyber, informationnels, électromagnétiques et sur le maintien de capacités militaires robustes, capables d’agir dans la durée », a-t-il ajouté.
Deuxième édition d’un cycle d’exercices interarmés et interalliés déployés sur l’ensemble du territoire national, ORION 2026 va se dérouler en plusieurs phases. Tout d’abord, un temps consacré à la planification opérationnelle. Engagée depuis le 6 janvier, cette préparation consiste à élaborer les ordres stratégiques selon un processus commun avec nos alliés.
Conduite d’opérations
Le second temps de l’exercice, du 8 février au 1?? mars, réside dans la conduite des opérations sur le terrain. « Au cours de cette phase, les forces sont déployées au sein d’une coalition multinationale depuis la façade atlantique, qui représente la côte occidentale du pays fictif soutenu. La France y agit en tant que nation-cadre, à la demande de ses alliés et dans le respect de sa souveraineté, tout cela en coordination avec l’Otan », explique le vice-amiral. Cette étape inclut « la conquête de points d’entrée sur un territoire contesté, l’acquisition de la supériorité de zone, puis des opérations amphibies et aéroportées qui permettront de maîtriser une zone de déploiement plus importante ».
Un dernier temps d’ORION 2026, du 7 au 30 avril, doit porter sur l’intégration des forces dans un exercice de l’Otan. Conduite à l’origine « en coalition sous leadership français », ORION 2026 devient alors une opération « intégrée à la chaîne de commandement otanienne », précise le commandant du centre expert du commandement interarmées de l’EMA. Les différentes armées européennes prouvent, à cette occasion, leur capacité à s’insérer solidement dans une structure du commandement de l’Alliance et à s’inscrire dans une dynamique d’engagement collectif.
War game interministériel
En parallèle, tout au long de l’exercice, se déroule un entraînement de gestion interministérielle de la crise sur le territoire national. Cette phase « se cristallisera les 30 et 31 mars dans un war game interministériel, autrement dit un jeu de guerre, impliquant les commandements territoriaux en métropole et en Guyane, tout comme les représentants des ministères et des préfectures concernés », détaille-t-il. L’objectif : tester en conditions réalistes la réactivité et la coordination des capacités civiles et militaires sur le sol français, face à des menaces diverses.
Toutes les armées engagées
ORION 2026 se distingue en outre par l’investissement de l’ensemble des composantes des armées : terre, mer, air, avec leurs équipements majeurs. « Concrètement, le groupe aéronaval français sera engagé, tout comme trois brigades, près de 25 grandes unités navales, 140 aéronefs, 1 200 drones », annonce le vice-amiral. Au plus fort de l’exercice, jusqu’à 12 500 militaires seront présents simultanément. De son côté, la réserve vient renforcer l’armée d’active « en apportant des compétences complémentaires, de la réactivité et une véritable profondeur opérationnelle ». Autre atout, enfin, d’ORION 2026 : son ancrage territorial particulièrement étendu. Près de 15 départements français sont concernés, y compris la Guyane. « Cette empreinte géographique est essentielle car elle permet aux armées de s’entraîner avec leur matériel dans des conditions réalistes », conclut-il.
***
Lancement de l’exercice Orion 2026, rendez-vous majeur de la préparation opérationnelle de haute intensité des armées
Initié en 2021, l’exercice Orion s’est imposé comme un événement majeur dans la préparation opérationnelle de haute intensité des armées françaises et de leurs alliés.
Face à la multiplication des menaces, l’Europe et l’Alliance transatlantique sont confrontées à de nouveaux défis militaires et adaptent leur modèle de défense. Orion 2026 s’inscrit pleinement dans ces évolutions à travers un scénario fictif mais réaliste. Ce cadre permet de simuler l’intégralité des phases d’un conflit contemporain, allant de l’hybridité à l’engagement interalliés de haute intensité, tout en conservant un haut niveau de crédibilité opérationnelle.
Quatre phases
L’exercice Orion se décline en quatre phases de janvier à avril 2026. La première phase, consacrée à la planification opérationnelle, traduit les ambitions politiques en une campagne militaire.
Dans un deuxième temps, les armées se déploieront en France, principalement en terrain libre mais également dans des camps de manœuvre. Cette phase démontrera la capacité des armées françaises à entrer en premier sur un théâtre d’opérations, à commander une coalition et à intégrer des partenaires européens et alliés au service de la sécurité et de la stabilité de l’Europe.
La troisième phase vise à éprouver la coordination interministérielle face aux répercussions sur le territoire national d’un engagement majeur des forces armées françaises à l’étranger. Cette phase permettra d’évaluer la réactivité, la capacité de mobilisation et la coordination des acteurs civils et militaires, à travers un wargame interministériel.
Enfin, la quatrième et dernière phase marquera l’intégration des forces françaises à une opération de l’OTAN, incluant le transfert du commandement d’une force alliée de grande ampleur et la poursuite de l’action dans tous les domaines de la conflictualité.
Esprit de défense
Orion 2026 s’inscrit par ailleurs dans une dynamique plus large de cohésion nationale. Il incarne l’esprit de défense qui anime les Français, rappelant que face aux défis et aux menaces, chacun a un rôle à jouer dans la préservation des intérêts de la France et de ses concitoyens. La dimension jeunesse est intégrée à travers « Orion jeunesse », avec des actions de sensibilisation et des mises en situation permettant aux jeunes de découvrir les enjeux de défense. Orion 2026 permet également l’entraînement massif des réservistes de toutes les armées et services aux défis de la haute intensité, tout en renforçant le lien avec une population engagée.
Source : Direction : Ministère des Armées – DICOD / Photo : @TheatrumBelli via X
~ FNCV, Actualité et revue de presse ~
Voir aussi : Sources et références…
https://www.defense.gouv.fr/actualites/orion-2026-defi-haute-intensite
https://lignesdedefense.ouest-france.fr/orion-26-la-phase-1-aura-lieu-sur-les-plages-du-morbihan-et-a-coetquidan/
https://www.tf1info.fr/international/c-est-quoi-orion-26-l-exercice-militaire-majeur-que-s-apprete-a-conduire-la-france-2420290.html
https://www.lesoir.be/724061/article/2026-01-22/la-france-sapprete-lancer-son-operation-militaire-majeure-orion-26
https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/ministere-armees/20260122_0025_ORION_2026_dossier_presse_A4_C9_VDEF4_compressed.pdf